5.3.06

Christophe Chemin n'aime pas les blogs

Photo : Laurent Askienazy
Christophe Chemin est un dessinateur très diffusé en ce moment. On peut par exemple voir ses illustrations dans chaque Têtu. Il a eu la bonne idée d'adapter la technique de dessin au trait en vogue dans l'art contemporain depuis quelques années à la thématique LGBT. Il est aussi à l'occasion écrivain et vidéaste, avec un succés beaucoup plus relatif.
Il déclare dans le Technikart n°100 :

"Publier tout et n'importe quoi. Publier ses mémoires, publier ses petites histoires, publier son blog internet sur papier, publier ses autocongratulations, publier des gens sans style, sans véritable voix à eux, sans talent, publier des zombies, publier ses écrits journalistiques farcis en recueils, publier du médiatique éphémère, du creux, du vide; publier trop, mais pas ce qu'il faut.
Je ne m'y intégre pas. Je n'ai pas de véritable actualité en écriture à part que je ne publie plus. Je continue d'écrire, évidemment. Quant au blog, ça ne m'intéresse pas, c'est une perte de temps. D'écriture et de lecture."

Bizarre cette déclaration. Totalement pas dans son intérêt. Vous avez déjà lu un de ses livres ? Cet extrait pourrait décrire précisément la manière dont il écrit. Il existe d'excellents blogs. Ses livres ressemblent à du blog basique, du blog d'ado déprimé. Il ferait mieux de publier sur le net, ça économise du papier.

11 commentaires:

simone delarue a dit…

Du vent, du vent ce Chemin. Ai lu quelques un de ses écrits, c'est vraiment mauvais, très mauvais. Incipide, sans saveur .... le personnage est RIDICULE.

une amie de christophe chemin a dit…

Le plus rdicule des deux, c'est de ne même pas savoir écrire insipide.

simone delarue a dit…

RDICULE vous avez dit?

un lecteur de c chemin a dit…

Dommage, dommage, dommage qu'il ne soit plus publié, ça a été pour moi un veritable choc, les bourreaux, et dans les autres toujours la meme force et la meme justesse. Bien sur qu'il a raison, que les blogs c'est de la merde, l'écriture est un veritable travail et il sait de quoi il parle. Justement.

Chic Freak a dit…

Tiens... Les défenseurs de Christophe Chemin souhaitent rester anonymes.

beurk c chemin a dit…

himself? lol

Chic Freak a dit…

Le portrait de Christophe Chemin par Laurent Askienazy est tiré de son site internet http://www.laurent-askienazy.com.

simone delarue a dit…

C'est effectivement ce qu'il n'a pas fait de mieux....

Encore un lecteur de ChristChem a dit…

pourquoi demander à Christophe Chemin d'être à faveur des blogs? C'est impossible. Il nous parle d'un temps, qu'il n'a pas connu, où étaient publié ceux qui écrivaient des bons livres. Ensuite il y a eu l'époque des livres auto-référencés, l'auto-fiction-vraie-réalité, une sorte de télé réalité littéraire. Et lui, dans ce domaine la ne s'en sortait pas mal. Etait-t-il le meilleur? Peut être. A mon avis il avait dépassé son "maître" GuillDust. Etait-t-il d’ailleurs son maître ? L’as-t-il toujours dépassé ? Peut être pas par rapport à Nicolas Pages, certainement par rapport à d’autres livres. Mais moi je le défends ce ChristChem car je l'aime bien. Et parce que, peut être, il n'a pas vraiment tort. Ce blog est très bo. Mais combien de merdes dois-t-on se taper pour un bo blog ?

FIN a dit…

AINSI SE CLOT CE DEBAT .... Il me semble nesessaire d'eviter de parler de quelqu'un qui n'a tout compte fait jamais eu grand chose à dire .............

Chic Freak a dit…

Après son triptyque romanesque (Les Bourreaux, Hémorroïdes, Agrandissement de l'asphalte, Balland, 2001), Christophe Chemin nous livre un texte composite, qui charrie dans une même coulée autobiographie, pamphlet, litanie en anglais et paroles de sa mère, lectrice scandalis e de ses précédents ouvrages. Le Roman est une bagnole qui roule bien est une réaction, plus épidermique que constructive, au parcours d'écrivain de Christophe Chemin. Questionnement sur soi comme pouvait l'être Nadja, questionnement sur le roman, ce livre intéresse surtout par la forme qu il propose, avec ses didascalies, ses paroles mélées, ses dessins naïfs et bruts qui illustrent le propos à la manière d allégories trash et un peu puériles. Images inversées, qui mèlent viscères, foetus, usines, micros et borborygmes de manière obsédante, au service d'un même propos de dénonciation et de déconstruction.

Christophe Chemin tient à ce qu'on nomme ses textes "romans", pourquoi pas. Le genre est suffisamment ouvert pour cela, et a toujours accueilli sans encombre les récits construits "en haine du roman". Mais ce qui se propose ici comme chemin de traverse inédit se révèle être une autoroute bruyante et jonchée de clichés.

A la place de cette "bagnole qui roule bien" qu'est à ses yeux le roman contemporain, l'auteur ne nous offre qu'un pamphlet un peu rouillé, au ton digne de tous les tribuns de foire : "Ca sent, la littérature : la mort et la merde". Les arguments avancés ne sont même plus côtés à l'Argus : souligner la soif de reconnaissance des écrivains, l'attitude consumériste et grégaire des lecteurs ou le travail de marketing mené par les maisons d'éditions, ce n'est guère qu'enfoncer des portes ouvertes, avec ou sans bagnole. La virulence de ce manifeste anti-littérature n'ouvre d'ailleurs sur aucune solution, aucune proposition si ce n'est, autre chemin balisé, celle de retrouver "la musique dans la matière idiote et anodine des mots, d'une phrase". Le style saccadé du texte, ses phrases hachées menu qui passent le roman à la moulinette, ne réalisent d'ailleurs que partiellement ce programme, et de manière curieusement terne -loin de Radiohead, l'idéal prôné par l'auteur. Le lecteur n'a que la désagréable impression d'entendre une mobylette qui pétarade à la vue de grosses cylindrées : le Chemin tourne à l'impasse. Mais cette impasse est un cri sincère, qui file droit, sans souci du lecteur ni du qu'en-dira-t-on. Discours lancé dans le vide mais aussi vers la mère, celle qui a rejeté les romans précédents. Espoir de dialogue, espoir d'harmonie, qui se devine dans les photos en médaillons inversés encadrant le texte : au-delà de la harangue, ce Chemin-là vaut surtout par ce que ses bas-côtés laissent deviner d'ornières et de désirs en herbes folles.

Séverine Weiss pour Chronicart
(http://www.chronicart.com/livres/livres_fictions.php3?id=8247)